Retour sur le plan national vélo

Ce plan national a été présenté par le 1er ministre vendredi 14 septembre. Un petit résumé de ce plan qui, d’après Pierre SERNE, président du Club des villes et territoires cyclable « est une satisfaction car il est le résultat d’une mobilisation sans précèdent de tous les acteurs du vélo et des mobilités et d’une concertation très riche dans le cadre des Assises de la mobilité en automne 2017. »

 

Ce plan national vélo a  pour objectif de multiplier par trois l’usage du vélo pour atteindre 9 % des déplacements en 2024. En effet, à l’heure actuelle, à peine 3% des déplacements se font en vélo en France. La France est placée au 25ème rang dans l’Union Européenne où l’usage du vélo dépasse les 7%.

 

Pour arriver à cet objectif, ce plan national annonce un certain nombre de mesures, regroupé sous quatre rubriques

 

         

 SÉCURITÉ : développer les aménagements cyclables et améliorer la circulation routière

o   Création d’un Fonds national « mobilité actives » de 350 millions d’euros sur 7 ans (soit 50 millions d’euros par an) à destination des collectivités pour financer l’aménagement cyclable.

 

o   Appel à projet « Vélo et Territoires » opéré par l’ADEME afin de mettre en œuvre le Fonds « mobilité actives » (pour aider les collectivités à définir leur besoin)

 

o   Dotation de soutien à l’investissement local (pour aider les collectivités à développer des services de mobilité durable

 

o   Renforcement de la planification des réseaux structurants pour les mobilités actives (réseaux structurants vélo, piétons, zone de stationnement vélo…)

 

o   Amélioration du maillage du territoire en assouplissant la définition actuelle de la « voie verte » (facilité la cohabitation des usages

 

o   Soutien au déploiement de pistes cyclables sécurisées/ Renforcement de la sécurité pour les cyclistes (code de la route adapté à toutes les mobilités actives)

 

o   Amélioration de la visibilité aux passages piétons (aménagement de zones de stationnement cyclistes 5 mètres en amont d’un passage piéton

 

o   Réalisation de sas vélos aux feux

 

o   Développement de double sens cyclables sur l’ensemble de la voirie urbaine en agglomération jusqu’à une vitesse maximale autorisée de 50km/h.

 

o   Circulation en zone de circulation apaisée (possibilité de rouler à deux cyclistes de front en zones piétonnes et zones de rencontres)

 

o   Prescription pour les poids lourds d’équipements spécifiques de détection et d’avertissement de la présence d’usagers vulnérables (système permettant de détecter les usagers de la route dans les angles mort)

 

        SÛRETÉ : mieux lutter contre le vol

o   Généralisation des marquages de vélos

 

o   Un plan d’actions de lutte contre le vol de vélo (généralisation des dispositifs de pré-plainte en ligne)

 

o   Equipements des gares et pôles d’échange en stationnement sécurisé (augmentation du nombre de stationnements sécurisés)

 

o   Stationnement vélos dans les bâtiments (obligation d’installer des équipements permettant le stationnement sécurisé des vélos dans les bâtiments de bureau ou d’habitation)

 

o   Mobilisation des certificats d’économie d’énergie pour le stationnement sécurisé (projet ALVEOLE, financement de places de stationnement de vélos dans les logements sociaux)

 

      CRÉER un cadre incitatif reconnaissant pleinement l’usage du vélo comme un mode de transport vertueux

o   Création d’un forfait mobilité durable pour tous les salariés (remplace la fameuse IKV, Indemnité Kilométrique des salariés venant travailler à vélo)

 

o   Introduction du vélo dans le barème fiscal (possibilité de se faire rembourser les frais de déplacement à vélo)

 

o   Soutien à l’achat de vélos à assistance électrique

 

o   Soutien à la mise à disposition de flottes de vélos par les entreprises (possibilité pour les entreprises de réduire de leur impôt les frais générés par la mise à disposition de vélos pour leur salarié).

 

 

DÉVELOPPER une culture vélo

o   Développement de la pratique du vélo en toute sécurité (permettre aux jeunes entrant en 6ème de maîtriser la pratique autonome et en sécurité du vélo)

 

o   Déploiement de plans de mobilité scolaire (favoriser le développement d’itinéraires dédiés et encadrés de type « pédibus » ou « velobus »

 

o   Développement de l’activité physique pour la santé

 

o   Faciliter l’inclusion des nouvelles mobilités dans l’organisation de la mobilité (implantation de vélos, scooters, trottinette en libre-service sans station d’attache, applications permettant l’accès aux réseaux cyclables et autres données)

 

En conclusion, ce dispositif semble très intéressant et on peut se réjouir d’entendre enfin parler, de la mobilité à vélo, au niveau national.

Cependant quelques points soulèvent des questionnements :

 

Le fonds national de « mobilité active »  (50 millions d’euros par an sur sept ans pour les collectivités): d’après les Villes et territoires Cyclable, il faudrait 200 millions d’euros par an pour les collectivités afin de mettre le réseau aux normes et de permettre aux cyclistes de rouler en toute sécurité

 

 Le développement d’infrastructures supplémentaires pour la pratique du vélo en toute sécurité : c’est une très bonne mesure mais ne faudrait-il pas faire aussi de la médiation entre tous les usagers du réseau de manière à ce que chacun respecte la pratique de l’autre ? Cela éviterait beaucoup de désagrément à la fois pour les automobilistes mais aussi pour les cyclistes.

 

La lutte contre le vol et le marquage obligatoire des vélos : Bonne idée mais il faudrait que les forces de l’ordre aient connaissances de ce fichier et l’utilise lorsqu’ils retrouvent des vélos volés. Ce dispositif n’est pas connu de tous les services de l’ordre à l’heure actuelle.

 

La création du forfait mobilité durable pour tous les salariés : comme l’IKV, ce dispositif n’est pas obligatoire pour les chefs d’entreprise alors pourquoi il fonctionnerait mieux que le précédent ?

 

La généralisation de l’apprentissage du vélo dans les écoles : c’est une très bonne nouvelle. ; Cependant comment les écoles vont-elles pouvoir financer l’achat de flottes de vélos et leur entretien ?

 

Source : Plan vélo et mobilités actives